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Pièces de circonstance
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Pièces de circonstance
Il s’agit de quelques opuscules parus
ici et là ou qui auraient dû paraître.
Ecrite à l’occasion de la
remise aux collaborateurs méritants de
l’entreprise Edipresse de la montre en argent
récompensant des années de service (15, 25, 30,
c’est selon), cette pièce a paru dans le Gutenberg, organe de
la FST (Fédération suisse des typographes),
aujourd’hui Comedia (syndicat des mass media), en hommage à
un vieux militant, Gaston Rothen, président de la
section de Lausanne durant de longues années,
délégué de la section au comité
central à Berne, et premier président de la
commission du personnel d’Édipresse, dont le président-directeur
général était alors Marc Lamunière.
A tout prendre, c’était encore
le bon temps…
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à la
manière de Victor Hugo
Hommage à un vieux militant
Son visage est là, parmi
d’autres visages
Les anciens de l’usine, ceux qui ont
le même âge,
Tous ceux pour qui l’heure de la
retraite sonne
Réunis en une singulière
maldonne :
Comptable encravaté, sa tête
de croupier,
Son chef souriant ainsi qu’un
chausse-pied,
La face du cadre B,
légèrement enflée,
Ou celle rondouillarde et toute
boursouflée
De l’huissier empesé dans le
bel uniforme
Qui sied si bien aux singes en chapeau
haut-de-forme,
Tous ceux-là que je nomme sans
nommer tous les autres,
Ouvriers qualifiés,
zélés, bons apôtres,
Sous-directeur-adjoint ou dernier des
lampistes
Réunis par le sort sur une
même liste.
C’est alors que, parcourant cette
galerie
De portraits, j’aperçus,
ô ciel ! ô ironie !
Tout près du
président-directeur général
Celui qui fut notre militant syndical.
De même qu’un
général inspectant la troupe
Se mêle à ses soldats et
partage leur soupe
Et comme pour mieux récompenser leur
bravoure
A côté d’un sans-grade
pose sans atours,
Ainsi notre baron de l’industrie
graphique
Par le miracle de la plaque photographique,
D’un coup, d’un seul,
anéantit les étages,
Balaie les classes et rend un fraternel
hommage
A celui qui pendant vingt-cinq ans, en
forçat,
Dut se contenter du labeur le plus ingrat
Et pour dernier remerciement de ses
services,
Le sourire méprisant d’un chef
de service.
Voici cet homme fier à
l’automne de la vie,
A l’heure où ses égaux
additionnent leurs billes,
Les lâches, les mous, les
tièdes, les rase-mottes
Qui n’ont jamais mouillé que
le bout de leurs bottes
Et qui sans rechigner sont les premiers
à boire
Quand il s’agit de partager les
fruits de la victoire,
Voici cet homme d’honneur qui honore
le rang
De tous les camarades, de tous les
militants.
Des gens de son âge, certains sont
déjà morts :
D’autres, en cours de route, ont dix
fois changé de bord :
Lui reste fidèle aux premiers
compagnons d’armes,
Il veille jusqu’au bout et jamais ne
désarme.
Envoi
Grave est
l’heure où il nous faut tous quitter la
scène
Après
s’être donné tant de mal, tant de peine.
Si l’on
oublie vite toutes choses en ce monde,
Tu nous parles
toujours, avec ta voix profonde,
Orageuse, que
ni le fracas des machines
Ni la peur des
patrons n’ont tenue en sourdine.
Rotatives
allongées comme bêtes dociles
Odeurs de vieux
papiers, quotidiens imbéciles,
Tirez cet
hommage à deux ou trois exemplaires,
Habillez-le de
blanc, de noir ou de couleur
Encrez
légèrement de manière à lui plaire :
Ni pour
l’or ou la gloire, je me bats pour l’honneur.
Un disciple
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